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Légionelles : le danger sous- estimé

Dans la plage critique se situant entre 25 °C et 45 °C, les légionelles doublent leur nombre toutes les quatre heures. Or, c’est précisément dans cette fourchette de températures que coule – ou stagne – en temps normal l’eau dans les habitations privées.

Mieux vaut plus chaud, ou plus froid

La légionelle a été identifiée pour la première fois en 1976 à la suite d’une grave épidémie de pneumonie qui a touché plus de 200 anciens combattants de la Légion américaine réunis en congrès, et causant la mort de 34 d’entre eux. Plus de quarante ans après, des microbiologistes, des techniciens du bâtiment, des hydrologues, des ingénieurs alimentaires, des architectes et des projeteurs planchent encore sur les stratégies et les moyens à adopter pour contrer le petit parasite. Sans grand succès, semble-t-il, puisqu’en été dernier, une trentaine de personnes dans le quartier genevois des Pâquis ont dû être hospitalisées pour avoir contracté la maladie du légionnaire, et que, début mai de cette année, des douches ont dû être fermées dans une caserne de la Suisse orientale car elles étaient contaminées par des légionelles. Les chasseurs de la «Legionella pneumonphila», l’espèce la plus dangereuse pour l’homme, s’accordent à dire qu’il n’est pas possible d’éradiquer définitivement cette bactérie sans spore d’un millième et demi de millimètre. Le véritable objectif consiste plutôt à limiter son activité et son espace de vie. Mais encore faut-il d’abord savoir comment, pour qui et dans quelle mesure elle peut être dangereuse.

La bière Warsteiner hors de cause

«Notre bière est-elle encore pure ?» titrait le quotidien Bild en septembre 2013 après l’hospitalisation de 165 personnes atteintes de pneumonie causée par la légionelle à Warstein, ville réputée pour sa bière. Le tabloïde allemand montrait ainsi que l’élément le plus important de la lutte contre la légionelle n’avait pas été saisi : ces bactéries sont totalement inoffensives lorsqu’on les ingère en buvant de l’eau contaminée, que ce soit avec ou sans levure. Elles ne peuvent avoir un effet mortel que si elles sont inhalées sous forme d’aérosols.

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